Eric Fotorino

"Dix-sept ans"

Lina n’était jamais vraiment là. Tout se passait dans son regard. J’en connaissais les nuances, les reflets, les défaites. Une ombre passait dans ses yeux, une ombre dure qui fanait son visage. Elle était là mais elle était loin. Je ne comprenais pas ces sautes d’humeur, ces sautes d’amour.»

Un dimanche de décembre, une femme livre à ses trois fils le secret qui l’étouffe. En révélant une souffrance insoupçonnée, cette mère niée par les siens depuis l’adolescence se révèle dans toute son humanité et son obstination à vivre libre, bien qu’à jamais blessée.

Une trentaine d’années après Rochelle, Éric Fottorino apporte la pièce manquante de sa quête identitaire. À travers le portrait solaire et douloureux d’une mère inconnue, l’auteur de Korsakov et de L’homme qui m’aimait tout bas donne ici le plus personnel de ses romans.


Présentation par l'Auteur

La communication aux Amis de "Livres en Scène"

Au théâtre du Lucernaire, nous avons vécu une authentique émotion en découvrant la nouvelle pièce de Gérard Savoisien "Mademoiselle Molière". Le sujet concernait les amours tumultueuses entre Jean-Baptiste Poquelin et Madeleine Béjart. Après vingt ans de vie commune, Molière tombe secrètement amoureux de la fille de Madeleine : Armande née d’une première union. Cette dernière avait été placée à sa naissance dans une institution religieuse permettant à Madeleine de vivre sa jeune passion pour le théâtre, tout autant que pour celle vouée à Jean-Baptiste Poquelin dont elle avait perçu très tôt le talent. Madeleine en pleine capacité de son art de comédienne, récupèrera sa fille quelques années plus tard en la faisant passer pour sa sœur.

Cette complexité d’ordre familial nous a interpellés encore plus fortement quand, à l’occasion de l’émission "La Grande Librairie", Eric Fottorino est venu présenter avec beaucoup d’émotion, de retenue et de sincérité son dernier roman " Dix sept ans". En effet, l’Ecrivain a appris à l’âge de soixante ans l’existence d’une sœur cadette, secret caché par sa mère qui bouleverse, une fois encore, sa quête de racines et d’identité.

Stupéfaction, également, pour le lecteur, qui avait suivi la découverte de cette saga familiale au travers de ses précédents ouvrages : "L’Homme qui m’aimait tout bas", consacré à celui qui a épousé sa mère, lui a donné son nom et l’a élevé en lui transmettant ses valeurs, "Questions à mon père", où il parle de ses rencontres d’adolescent et de jeune adulte avec son père biologique, "Le Marcheur de Fès", sur la fin de vie de son père biologique et les liens noués sur le tard avec lui.

Bien évidemment, nous sommes, aussi, très honorés de recevoir le Journaliste qui a fait une très brillante carrière au sein du journal "Le Monde ", puis devenu le fondateur d’un nouveau concept de journal hebdomadaire, indépendant et sans publicité "Le 1" et encore récemment créateur du trimestriel "America" avec son ami François Busnel.

"Eric FOTTORINO"

Le lundi 12 novembre 2018 à 19h30

Au Restaurant DROUANT

18 Rue Gaillon, 75002 Paris

Métro: Opéra - 4 Septembre

Service de voiturier

Peut être voudra t’il bien nous dire quelques mots sur sa passion du sport cycliste, qu’il pratique sérieusement depuis sa tendre enfance.

Nous espérons simplement qu’à l’issue de cette soirée "la boucle sera bouclée" sur l’œuvre passionnante et riche de ce grand journaliste – écrivain qui n’a pas fini de nous surprendre.

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Les Tables

«Longtemps j'ai rêvé du Monde. J'y serais entré même à genoux! Depuis mon premier article, paru en 1981 – j'étais encore étudiant –, jusqu'à mon départ, en février 2011, près de trente années se sont écoulées.

Je me souviens de tout./ Le journalisme fut mon pain de tous les jours. Je suivis d'un cœur léger ses mots d'ordre : voyager, rencontrer, raconter. Puis recommencer./ Élu directeur, j'ai plongé dans l'aventure collective/

J'ai tout revu, tout revécu. J'ai tout aimé ou presque, sachant avec Cioran qu'il faut parfois avaler l'amer avec le sucré. J'ai quitté Le Monde mais Le Monde ne m'a pas quitté.»
Eric Fottorino



«Aujourd'hui encore, quand me guettent des pages d'écriture, mes ordres de grandeur sont convertis en intensité physique. Cela peut sembler incongru ou trivial de comparer le noble effort des lettres et celui du rémouleur de bitume. Pour moi, ils sont égaux et, pour tout dire, la fibre cycliste, parce qu'elle m'a souvent remué la chair, m'est apparue comme une préparation sans pareille pour affronter le vertige des mots, l'épaisseur du langage au milieu duquel le chemin est étroit pour trouver le ton juste, le bon rythme, l'image, la couleur, la musique, l'émotion, la grâce Eric Fottorino


"Longtemps je me suis interdit d'aimer deux pères à la fois. Michel, celui qui m'adopta à l'âge de dix ans, me donna son nom de Méditerranée, son temps infini, une affection aussi discrète que démesurée. En aimer un autre eût été à mes yeux une trahison. Pourtant j'avais bien sûr un père naturel, un père biologique : Maurice Maman, médecin accoucheur…

Pour étrange que cela paraisse, c'est parfois le rôle d'un fils de reconnaître son père. "Comme on peut aimer deux enfants, on peut aimer deux pères" m'a écrit Maurice. A présent je le sais." Eric Fottorino – Questions à mon père

Mon père s'est tué d'une balle dans la bouche le 11 mars 2008. Il avait soixante-dix ans passés. J'ai calculé qu'il m'avait adopté trente-huit ans plus tôt, un jour enneigé de février 1970. Toutes ces années, nous nous sommes aimés jusque dans nos différences. Il m'a donné son nom, m'a transmis sa joie de vivre, ses histoires de soleil, beaucoup de sa force et aussi une longue nostalgie de sa Tunisie natale. Eric Fottorino - L’homme qui m’aimait tout bas






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Le mot d'Eric Fotorino sur le Livre d'Or